Le porno définitivement banni du web tunisien ?
Peu après la chute de Ben Ali, l'Agence Tunisienne d'Internet (ATI) a désactivé ses machines de filtrage, permettant à des millions de Tunisiens de bénéficier d'un accès libre au net. Mais au moi de mai dernier, ATI a été contrainte par le tribunal de bloquer l'accès aux sites web classés « X ». Cette sentence fait suite à une plainte déposée par un groupe d'avocats soutenant que la pornographie est contraire aux valeurs de l'Islam et représente une menace pour les enfants.
L'ATI qui a perdu en appel le 15 Août 2011 a décidé de procéder à un pourvoi en cassation, déclarant que « le filtrage des sites pornographiques répertoriés par Smartfilter, n'a pas pu être réalisé pour les cinq fournisseurs de services Internet ». Le PDG d'ATI Moez Chakchouk, explique que le rôle post-révolution de l'agence est de « garantir la neutralité du net, et quand nous disons la neutralité du net nous ne devrions pas nous préoccuper du contenu ». Le verdict est attendu dans les prochains jours.
La polémique sur la censure de la pornographie sur internet a pris une telle ampleur que le président Moncef Marzouki s'est lui même prononcé à ce sujet il y a quelques mois, lors d'une interview. « Il devrait y avoir des lignes rouges qui limitent la liberté d'expression … ces lignes rouges ne doivent pas être utilisées comme prétextes pour la censure … les lignes devraient être débattues et acceptées par tous » a-t-il dit.
Même si l'affaire divise le pays, elle permet au moins de créer le débat et d'interroger la Tunisie sur la question de la liberté sur Internet.
Source : Nawaat