La charia, unique fondement de la nouvelle Constitution tunisienne ?
Les discussions des six commissions en charge de l'élaboration de la nouvelle Constitution n'en sont encore qu'au début, mais donnent déjà lieu à des débats houleux.
Détaché à la commission du préambule, le député d'Ennahda Sadok Chourou déclare aujourd'hui que « le préambule doit se faire suivant trois références fondamentales, qui sont le Coran, la Sunna et l'unanimité des savants de la Umma islamique. C'est l'unique référence fondamentaliste islamiste reconnue et les théologiens de l'Islam sont unanimes là-dessus ».
Au sujet de la justice, qui sera, elle aussi, sujette à remaniement dans la prochaine Constitution, Sadok Chourou affirme qu'elle « se basera sur la Charia pour organiser les relations entre les citoyens », avant d'ajouter : « les références à l'homme ne peuvent être que relatives et il faut les insérer dans les références absolues de Dieu ».
Les propos du député vont cependant à l'encontre de ceux tenus la veille par le chef de son parti, Rached Ghannouchi. Ce dernier a jugé que « l'article I de la Constitution suspendue, qui définit la Tunisie comme étant un Etat musulman dont la religion est l'Islam, est suffisant à condition qu'on l'applique ». Pour le leader d'Ennahda, « il n'est donc pas nécessaire que la future Constitution stipule que la Charia soit la source de la législation ».
Source : Business News