L'homosexualité interdite de révolution en Tunisie

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« Ce sont des citoyens, mais ils doivent respecter les lignes rouges fixées par notre religion, notre héritage et notre civilisation ». Voici ce qu'a déclaré Samir Dilou, le ministre Tunisien des Droits de l'Homme sur Hannibal TV, au sujet des homosexuels. En effet, l'actuel gouvernement craint que la révolution ait donné certaines velléités aux sites internet consacrés à cette communauté. Le magazine interactif GayDay, l'un de ces sites a publiquement été menacé d'interdiction par M. Dilou. Pour le ministre, « il n'est pas question que la perversion sexuelle soit un droit humain. Ces personnes devraient plutôt se faire soigner ».

En réponse à l'agressivité des plus conservateurs, Fadi, fondateur et rédacteur en chef de GayDay espère sans trop y croire que la communauté gay tirera, elle aussi profit des bienfaits de la révolution : « on espère parvenir à un Etat démocratique basé sur la transparence et le respect absolu des droits de l'homme ». Citoyens tenus au secret, les homosexuels éprouvent tout de même le besoin de se sentir écoutés. Le site GayDay compte entre 1000 et 6000 visites par jour. Sur Facebook, des militants d'associations LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) ont demandé à leur membres d'afficher sur leur profil le message : « je suis un homme, monsieur le ministre des Droits de l'Homme », à l'attention de Samir Dilou.

Internet est, depuis le régime Ben Ali, le seul moyen pour cette communauté de perdurer. Les interdire reviendrait à nier l'existence même des homosexuels dans le pays. Rappelons que le Code pénal tunisien punit l'homosexualité de 3 mois à 6 ans de prison. La communauté gay n'exige pas de changements en profondeur, juste d'être respectée au même titre que ses concitoyens. Les mentalités tunisiennes sont elles prêtes à évoluer en ce sens ? Selon un partisan d'Ennahda de la banlieue de Tunis, « la liberté d'expression a des limites ». Et l'homme d'ajouter : « ces gens-là pensent qu'ils ont droit à la liberté d'expression. Mais il faut qu'ils comprennent que la révolution n'est pas la même pour tous. Aucun Tunisien ne souhaite les voir s'afficher librement. Même sur internet, ça reste choquant pour beaucoup d'entre nous ».

 

Source : Slate Afrique

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